Introduction

Les outils libres et open source repoussent aujourd’hui les limites de la création éditoriale. Depuis une dizaine d’années, avec la volonté de dépasser les contraintes imposées par les logiciels propriétaires, des designers, artistes et collectifs expérimentent de nouvelles façons de penser la chaîne éditoriale. Un exemple notable est PrePostPrint, un réseau de personnes, d’événements et d’outils qui partagent des méthodes alternatives de création graphique. Ces approches privilégient des outils libres, faits maison ou adaptés à des contextes spécifiques (contraintes économiques, urgence de production, travail collaboratif…).

Dans le design graphique, les logiciels propriétaires occupent une place centrale — par habitude, formation ou facilité d’usage — et leur remise en cause est rare. Cette dépendance entraîne une invisibilisation des mécanismes techniques et informatiques, souvent considérés comme secondaires. Résultat : une homogénéisation des pratiques et une perte de maîtrise sur les choix de production. Or, les outils ne sont pas neutres : ils influencent nos manières de penser et d’organiser le travail. Interroger nos méthodes et nos moyens de production est donc essentiel pour préserver une diversité de pratiques créatives.

C’est dans ce contexte que cette documentation propose d’explorer une approche particulière : le web-to-print.

Le web-to-print?

Le web-to-print consiste à concevoir et produire des documents imprimés sans passer par les logiciels de PAO traditionnels, mais en utilisant les langages du web (HTML et CSS) et les navigateurs.

Grâce à la propriété CSS @media print, il est possible d’appliquer un style différent pour l’écran et pour l’impression, voire de modifier le contenu affiché. Cette approche permet de travailler en single source publishing : un même contenu peut être publié sous plusieurs formes (site web, ebook, PDF imprimé…).
L’export en PDF s’effectue directement depuis le navigateur (Firefox ou Chrome/Chromium). Attention toutefois : les navigateurs n’interprètent pas tous les propriétés d’impression de la même manière, ce qui peut provoquer des différences de rendu.

Quelques limites existent :
- le PDF généré reste en RVB (pas de gestion native des espaces colorimétriques professionnels)
- la microtypographie est parfois difficile à contrôler

La méthode la plus simple consiste à écrire le contenu en HTML, le mettre en forme en CSS, le prévisualiser et l’exporter avec un navigateur. Mais il existe aussi des systèmes plus avancés : intégration dans un CMS ou un wiki, rédaction collaborative via des pads, ou encore l’usage de bibliothèques comme Paged.js pour gérer la pagination et les prévisualisations dans le navigateur.


Exemples de chaînes éditoriales possibles

  • [a] HTML → Paged.js ou html2print → PDF / édition imprimée / site web
  • [b] Markdown / YAML → HTML → Paged.js → PDF / édition imprimée / site web
  • [c] Wiki → HTML → Paged.js → PDF / édition imprimée / site web
  • [d] Pads (Markdown ou HTML) → HTML → Paged.js → PDF / édition imprimée / site web
  • [e] CMS → HTML → Paged.js → PDF / édition imprimée / site web
  • [f] AsciiDoc → HTML → Paged.js → PDF / édition imprimée / site web

Exemples de projets professionnels utilisant le web-to-print


Exemples de workshop utilisant le web-to-print


Pour plus de ressources, voir le chapitre Ressources.